Petite découverte et grande fierté

Sur le bord de la route, un petit tas de brindille… Photo G.BRUNET

Une escapade hors des chemins historiques pour s’intéresser à la nature qui nous entoure. Mais après tout, Ernst Jünger -que je n’aurai jamais la prétention d’égaler- n’était il pas également un entomologiste reconnu ?

Au printemps dernier, il y a presque un an, nous avons découvert, mes enfants et moi, un curieux petit tas de brindilles sur le bas-côté. S’approchant par curiosité nous avons remarqué qu’il s’agissait d’une fourmilière vaillamment défendue par de petits guerriers n’hésitant pas à mordre les doigts trop aventureux.

Habitué aux documentaires animaliers, j’ai aussitôt songé à ces fourmis rousses qui bâtissent de véritables dôme recouvert d’épines de pins en forêt. Malheureusement, ici ni forêt, ni pins et une structure plus proche du tumulus arasé que de la pyramide…

Après plusieurs jours d’observations fascinantes et quelques photos, une recherche sur internet m’a orienté sur l’identité de mes nouvelles voisines : Formica pratensis Retzius, fourmi des prés. Pour une présentation compétente de cette espèce je vous renvoie avec plaisir sur la page dédiée de L’Atlas Entomologique Régional (Nantes). Cette association, qui œuvre pour une meilleure connaissance de la biodiversité et du patrimoine naturel, a très gentiment répondu à ma demande et confirmé mon identification ;ajoutant qu’il s’agissait même de la première observation sur ma commune. Je vous invite d’ailleurs à consulter leur site et plus particulièrement leur base de témoignage qui dépasse la seule entomologie et qui vous aidera sûrement à identifier les oiseaux ou autres animaux que vous croisez au détour d’une route.

Formica pratensis Retzius. Photo G.BRUNET

Fort de cette identification, j’ai demandé au services de la voirie s’il était possible de protéger cette colonie qui sans appartenir à une espèce en danger méritait bien une saison de répit. Là encore on m’a répondu avec bienveillance et quelques piquets et de la rubalise sont venus signaler leur présence pour éviter la fauche d’été des bords de fossés

Cette petite action a fait naître un sentiment de fierté chez moi. Non pas celui d’avoir fait une découverte majeure ou d’avoir changé le monde en sauvant les derniers représentants de leur espèce. Mais tout simplement en apportant mon minuscule gravillon au dôme de la connaissance humaine, comme une humble fourmi.

Une protection symbolique. Photo G.BRUNET