This is not America… une histoire d’espionnage oubliée

Toute personne appréciant un minimum David Bowie connaît cette chanson. Mais qui sait encore aujourd’hui qu’il s’agit de la bande originale d’un film ? Et qui se souvient de ce film ?

Le Jeu du Faucon est un film d’espionnage de John Schlesinger (Macadam Cowboy et Marathon Man sont des oeuvres plus connues) sorti en 1985. Adaptation dramatisée d’une histoire vraie, il raconte un épisode typique de ce que pouvait produire la Guerre Froide.

En 1974 Christopher John Boyce employé d’une entreprise travaillant pour la défense américaine, âgé d’à peine 22 ans, découvre la possible implication de la CIA dans une tentative de déstabilisation du gouvernement Australien. Habilité « Très Secret Défense » –Top Secret, soit la plus haute accréditation, sans doute du fait d’un père responsable de la sécurité chez McDonnell Douglas ; on prête souvent en haut lieu au fils les qualités du père sans plus d’examen…- le jeune homme aurait été destinataire par erreur de documents attestant des actions au sein et peut-être contre des démocraties alliées des États-Unis. Ébranlé par cette découverte Boyce, qui avait perdu confiance dans la capacité de la presse à changer quoi que ce soit en révélant le complot, choisit alors une autre voie… réunir grâce à sa position le plus d’informations possibles et les vendre à l’URSS !

Après avoir réuni des informations sur le codage des communications et les satellites espions, Boyce décide de s’associer avec un ami d’enfance et petit dealer : Andrew Dolton Lee. Le plan est simple. Dolton Lee doit se rendre à l’ambassade d’URSS à Mexico pour vendre les secrets réunis par Boyce et revenir avec l’argent.

Après quelques échanges qui permettent à Boyce de gagner un peu d’argent et à Dolton Lee de conjuguer espionnage et trafic de drogue international, le complot va être mis à jour de la manière la plus triviale qui soit. En janvier 1977, Andrew Dolton Lee est arrêté par la police Mexicaine devant l’ambassade soviétique pour avoir jeté des déchets… Interrogé en possession de microfilms, il avoue raidement être un espion et dénonce son complice Boyce. Ce dernier est arrêté par le FBI et tous les deux sont condamnés à 40 ans de prison pour espionnage.

Christopher John Boyce refera parler de lui en 1980 lorsqu’il parviendra à s’évader et à commettre de multiples braquages. Il sera repris et renvoyé en prison avec de nouvelles charges.

L’Histoire (avec un grand H) est friande de ces improbables grains de sables et autres seconds couteaux à la maladresse providentielle. Ils sont les ingrédients essentiels de bien des événements.

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